05.12.2010
Un braquage, ça tourne comment ?
"Tubize: un braquage qui a mal tourné": en radio comme à la TV, c'est ainsi que fut introduit le sujet. Les faits sont les suivants : deux malfrats ont attaqué une bijouterie, tenant en respect la femme et à la fille du propriétaire qui étaient présentes dans le magasin. Le propriétaire entendant les cris , est descendu et a tiré sur un des bandits qui a été tué.
Dans l'état actuel, on ignore si l'homme a agi en état de légitime défense et je ne me prononcerai donc pas sur ses droits à se faire justice ou pas.
Mon propos est d'interroger le titre.
Car qu'est-ce qu'un braquage "qui tourne bien" ? Les voleurs s'en vont gentiment avec leur butin sans s'en prendre à personne ? Le hold-up échoue et les voleurs sont arrêtés, sans casse ni violence ? Les voleurs butent sur un coffre-fort imprenable et repartent bredouilles ?
On voit bien ce que les journalistes veulent dire mais, en même temps, il me semble qu'on a affaire à l'une de ces formules passe-partout que l'on place sans se prendre la tête. Un peu léger quand on fait métier de communiquer, peut-être.
19:07 Publié dans faits de société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : délinquance, justice, médias
16.04.2010
Un flocon de cendres
D'abord évidemment, la découverte (? ) de l'infinie impuissance du petit humain devant la grande Mère Nature. Aaaah on se croit si malin ! Avec Barack qui parle sérieusement d'un programme de vol habité vers Mars, alors que même Ryanair est bloqué au sol sans rien pouvoir changer à la situation. Simplement parce qu'un volcan d'un minuscule pays, en faillite d'ailleurs, a décidé de piquer une colère !
Les plus verts des moralistes diront que puisqu'on n'est pas assez gentil pour diminuer volontairement notre empreinte écologique en nous passant des aéroplanes, eh bien la Nature nous y a forcés !
En retournant l'argument, on leur répondra qu'il est vain d'essayer d'obéir à la Nature puisqu'elle fait ce qu'elle veut sans se soucier de nous, qu'elle n'est franchement pas aussi gentille qu'on voudrait nous le faire croire et que si demain, elle décidait de commencer à refroidir, on pourrait juste se tricoter des pulls ou s'inscrire à l'atelier "faites votre igloo vous-mêmes".
Un autre élément m'interpelle, ce sont les éditions spéciales sur nos chaines nationales, privée et publique, qui zooment pendant près d'une demi-heure sur les malheureux voyageurs en perdition dans les aéroports. Or, en arrondissant avec ceux qui se trouvent dans ce guêpier, au départ ou au retour et leurs familles cela ne fait quand même que maximum 1 % du pays alors que de gros soucis pèsent sur les épaules d'au moins 60% d'entre nous: l'emploi, les pensions, la valeur de l'épargne, les fins de mois, la difficulté à rembourser ou emprunter, la cohabitation entre cultures dans certains quartiers, les enfants qui n'étudient pas assez ou qui boivent trop, etc. Enfin, bref, des choses sérieuses qui ont bien plus d'importance dans notre quotidien que ces privilégiés qui partaient en vacances en avion.
A moins que 90% de la population puissent se projeter dans le vécu des 1%: parce qu'on a tous envie de vacances, parce qu'on est déjà parti en avion, parce qu'on s'imagine avoir gagné péniblement une semaine All inclusive, pour se retrouver en standby sur le tarmac...
Les considérations économiques sont intéressantes aussi car le manque à gagner se révèle très lourd. Avis donc à ceux qui veulent absolument nous faire délaisser l'avion, car il y aura un sacré mauvais moment à passer en attendant de pouvoir remplacer les emplois, les produits vendus, les services qui tournent autour etc...
Enfin, le truc qui tue (c'est le cas de le dire), c'est le chapitre du JT "est-ce dangereux Docteur ? " . Que nous veut ce nuage, avons-nous des raisons de paniquer ? Parce que, oui, il y en a qui sont tout tracassés, en tout cas si on juge d'après les "nombreux coups de téléphonique qui ont été donnés ce matin à la rédaction de la RTBF". Personnellement, j'ai commencé à paniquer à force d'entendre 10 fois en 45 minutes, les journalistes me dire que je ne devais pas paniquer, un peu comme avec le virus de la grippe H1N1 (achenene, comme dit Anne Romanoff).
De tout ceci, on retient quoi ? Le rôle de l'homme dans la Nature ? la bonté de cette Nature ? qu'est-ce qui est "naturel" (cfr les philosophes ou le préambule de la déclaration d'indépendance US) ? Les médias, leur pouvoir ? La différence entre informer, sensibiliser, effrayer ? Le poids en audimat du sensationnel, de l'émotion, du drame en regard d'une vérité moins spectaculaire ? Plus psy : de qui se sent-on proche ? Pour qui est-on prêt à se mobiliser ou du moins à com-patir, à sym-pathiser, à développer de l'em-pathie ... Ou alors un peu de linguistique : selon que le mot est d'étymologie grecque ou latine, ce sera "pati" ou "pathi" !!!
19:27 Publié dans faits de société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : actualité, nature, medias



