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05.12.2010

Un braquage, ça tourne comment ?

"Tubize: un braquage qui a mal tourné": en radio comme à la TV, c'est ainsi que fut introduit le sujet. Les faits sont les suivants :  deux malfrats ont attaqué une bijouterie, tenant en respect la femme et à la fille du propriétaire qui étaient présentes dans le magasin. Le propriétaire entendant les cris , est descendu et a tiré sur un des bandits qui a été tué.
Dans l'état actuel, on ignore si l'homme a agi en état de légitime défense et je ne me prononcerai donc pas sur ses droits à se faire justice ou pas.

Mon propos est d'interroger le titre.
Car qu'est-ce qu'un braquage "qui tourne bien" ? Les voleurs s'en vont gentiment avec leur butin sans s'en prendre à personne ? Le hold-up échoue et les voleurs sont arrêtés, sans casse ni violence ? Les voleurs butent sur un coffre-fort imprenable et repartent bredouilles ?

On voit bien ce que les journalistes veulent dire mais, en même temps, il me semble qu'on a affaire à l'une de ces formules passe-partout que l'on place sans se prendre la tête. Un peu léger quand on fait métier de communiquer, peut-être.

 

27.06.2010

Mais pour qui nous prend -on ?

"Mais pour qui nous prend-on" s'exclamait le porte-parole de la conférence épiscopale au débat dominical de la RTBF, en évoquant l'impression ressentie lors de la perquisition un brin "polar" et les arrêts de rigueur auxquels tous les évêques et leurs collaborateurs avaient été soumis.

Je crois qu'on les prenait, tout simplement, comme les cadres d'une Institution qui a commis à moultes reprises des actes répréhensibles, pour camoufler d'autres actes répréhensibles.

Evidemment, s'ils ont tous décidé d'effectuer un virage à 180 degrés, si aujourd'hui ce comportement leur apparaît dans toute son horreur, si, en toute bonne foi, ils ont mis au point un système qui leur a semblé juste et efficace pour que les victimes soient assurées d'être entendues et reconnues quel que soit l'importance de leur agresseur, il est normal qu'ils se sentent injustement soupçonnés.

Pourtant, la suspicion me semble inévitable et pèsera probablement longtemps sur eux.

Les responsables de l'Eglise 2010 sont un peu comme le rejeton d'une famille de maffiosi qui, le premier, a choisi la voie de l'honnêteté absolue. Combien de fois devra t-il prouver son innocence si dans son entourage, des délits se commettent ? Combien de fois devra t-il entendre "allez, les chiens ne donnent pas des chats, avoue, c'est toi ! T'es bien comme ton père et ton grand frère ! "
Les saintes Ecritures ne disent-elles pas " ils ont mangé des raisins verts et leurs enfants ont eu les dents agacées" ?
Donc, aussi pénible que soit cette situation, je crois que les représentants de l'Institution, même s'ils ont radicalement revu leur attitude, devront payer pour leurs aînés ou pour ce qu'eux-mêmes il n'y a pas si longtemps, minimisaient gravement.

Pourtant, si cette suspicion me semble normale, si je trouve tout aussi normal que l'Eglise ne soit pas au-dessus des lois et des procédures d'investigation qui menacent tout citoyen lambda, j'y vois un nouvel exemple de la mise au pas imposée à l'Eglise catholique depuis une centaine d'années, une volonté affirmée de la faire définitivement basculer du socle, réduit, où elle pouvait encore se croire installée.
Et, comme catholique, je me réjouis de constater qu'elle a perdu ses privilèges: interpellé par les instances vaticanes, l'ambassadeur belge à Rome s'est contenté de répondre que l'exécutif n'avait aucune pression à faire sur le judiciaire et donc que l'instruction poursuivrait librement son chemin. Et c'est tant mieux !

Je ne me précipiterai donc pas en rue pour manifester et je n'enverrai aucune menace de mort à l'encontre du juge.
Au contraire, plus mon Eglise aura laissé faire la clarté sur toutes ces sordides affaires et plus je pourrai m'en sentir proche.