21.09.2008
Comment défendre le/la Politique ?
La NVA ne participera plus au gouvernement fédéral et si elle se retire aussi du gouvernement flamand, nous pourrions avoir des élections anticipées.
Comme tout le monde, j'entends ce flot de nouvelles pendant mon dîner dominical.
Mais je les reçois de manière peut-être un peu plus concernée.
Car aussitôt, je pense à mon auditoire. Ces 200 jeunes qui m'attendent mercredi pour l'introduction du cours de politique.
Je vais leur dire quoi ??
Enseigner la politique en Belgique représente déjà un certain défi, quelque chose comme un exercice de gymnastique un peu difficile, une coutume spéciale, une Véronique alambiquée de Corrida locale. Le prof, quand il maîtrise la chose, ce qui n'est déjà pas donné tout cuit, a le plaisir du magicien-pédagogue qui explique son tour, la leçon se concluant par un CQFD rassurant.
Mais, jusqu'il y a quelques années, il y avait aussi une satisfaction morale très réelle à souligner que cette complexité garantissait notre progrès, nous préservait une place non négligeable dans le concert des nations évoluées et prospères. Et surtout, qu'elle nous avait évité, contrairement à d'autres pas si lointains que cela, de verser du sang, de céder à la violence.
Bref, que ce système bizarre, bancal, bricolé avec 2 bouts de ficelle et 3 sparadraps, nous avait permis de rester civilisés, responsables, intelligents.
Et donc que connaître notre fonctionnement était utile, qu'en repérer et interprêter correctement les enjeux était indispensable, que voter était un acte citoyen essentiel.
Ce qui s'est passé depuis juin 2007 rend ce type de réflexion légèrement surannée.
Le citoyen lambda a vu sur ses écrans, entendu sur les ondes ou lu dans ses canards, bien peu de déclarations civilisées, responsables ou intelligentes.
Le comptage de nos votes à peine enregistré, on a bâti une, puis deux, puis trois tours de cubes, aussi mal alignés que ceux d'un bambin de 15 mois. On clôture encore la campagne d'hier qu'on se lance dans celle de demain.
Et bien malin qui verrait une adéquation entre ce que nous découvrons chaque jour dans les médias et les explications théoriques de ce qu'est un système politique sain, càd une écoute des attentes des citoyens, une analyse des problèmes posés et une réponse pertinente qui rencontre à la fois les besoins et les moyens.
Alors mercredi, je dis quoi ? je parle de quoi ? j'explique quoi ? Je ne pense pas ici aux matières, aux contenus - il y a amplement sujets à occuper quelques dizaines d'heures de cours - mais du fond, c'est-à-dire du sens de tout cela. Le pourquoi, le pour quoi ? Et aussi nous, là-dedans, quel est notre rôle, notre pouvoir d'action, notre espoir d'influence ?
Ce matin, sur un des débats en ligne, je découvre cette remarque:" le système électoral belge étant ce qu'il est, les élus le sont aussi démocratiquement que pour les "tirages au sort" UEFA Champion's league ou FIFA World Cup".
Qu'est-ce, sinon une condamnation très cynique de notre système politique ? Et ce n'est pas une réaction épidermique mais une pensée qui se répand, que l'attitude de nos politiques conforte.
Donc mercredi, si je veux être à la fois efficace et réaliste, si je veux être entendue, je dis quoi ?
20:18 Publié dans enseignement/éducation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : démocratie, belgique, politique, enseignement



