22.08.2008
7 crashs annuels en Belgique
Quoi ? Vous n'étiez pas au courant ?
Et bien oui, chaque année plus de 1000 personnes meurent en Belgique dans des accidents d'a... utos .
Ah ! Vous aviez compris "a...vions" ?
Vous savez, mort pour mort, c'est la même chose.
Non ?
Pourquoi ? Parce qu'ils ne sont pas très tristes, les parents qui perdent leur fille de 20 ans, une nuit de WE, retour de discothèque ? Parce que vous trouvez que c'est moins pénible que pour ce père canarien, dont le grand garçon était dans l'avion de MA-LPA et a cessé de vivre le jour de son 23e anniversaire ?
Faut qu'on m'explique.
Mais enfin, les accidents de voiture, c'est normal: on roule un peu trop vite, on a bu un petit coup, fumé un coin de moquette. On est fatigués, stressés, les freins sont mal réglés, les pneus sous-gonflés, y a des nids de poule, l'éclairage public est en panne. On veut faire le malin avec son nouveau permis, rattraper le copain, qui trimbale deux jolies filles. Et un feu rouge, c'est un vert qui vient de changer ou qui va changer...
Bref, y a mille raison de se crasher en bagnole !
Tout le monde sait ça, d'ailleurs tout le monde prend le risque, un peu, beaucoup...
Et puis, ce n'est qu'un ou deux morts à la fois.
Ah, quand les victimes sont plusieurs, ou dans un autocar (surtout scolaire), ou que tout le ring est bloqué pendant des heures, alors oui, c'est grave !
Mais autrement: 3 lignes dans la colonne de gauche, le lundi matin. La routine quoi !
Pas comme un avion !
Là, c'est PAS NORMAL DU TOUT !
Les pilotes, ils doivent être triés sur le volet, raisonnables, l'ego insensible à la compétition, respectueux à la lettre des règlements, avec un très très très haut sens des responsabilités.
Les techniciens doivent être scrupuleux, maniaques du détail, toujours en forme, l'oeil aux aguets, jamais un peu dans le gaz, ni légèrement éméchés.
Les gestionnaires des compagnies doivent être des altruistes, soucieux d'abord des intérêts des passagers, pas de leur portefeuille ni de leurs actionnaires, évidemment.
Et pas de frais inutiles, parce que low cost, ça veut dire "bas prix" ! Et si vous augmentez, je change de ligne. Non mais !
D'ailleurs, ma femme est de mon avis, demandez-lui: voici mon GSM.
Quoi, on décolle ? Et alors ?*
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Arrêtons l'humour noir. Sans doute ces 1067 tués sur nos routes en 2007 sont-ils le tribut à payer à la déesse Automobile, à ses filles Liberté et Egalité, pour que chacun, avec un minimum de bagage intellectuel, un zeste de réflexe et quelques grammes de bon sens puisse conduire un engin de près d'une tonne à une vitesse assez impressionnante, par tous les temps, à toutes heures, pour toutes raisons et en n'importe quelle compagnie.
Mais alors il faut peut-être se dire que, si l'on veut que de plus en plus de monde puisse voyager en avion, à des prix très bas, à des cadences rapides, au départ d'une multitude d'aéroports, il faudra payer aussi un tribut: des appareils plus modernes et donc plus fiables (comme nos voitures) mais moins entretenus ou conduits par des pilotes moins expérimentés, accompagnés de personnel de cabine moins formé à la gestion du stress et aux "réflexes qui sauvent", et surtout avec des passagers de moins en moins obéissants, moins respectueux des personnes et des règles (cfr mon post sur les enfants en avion).
Combien de crashs annuels accepterons-nous pour jouir, tous ou presque, de cette nouvelle liberté ?
* A l'usage de ceux qui, comme moi, se demandent si c'est vraiment dangereux, en voyant leur voisin envoyer un SMS pendant le vol ou prévenir d'un retard pendant l'atterrissage, je copie/colle le témoignage d'un membre du personnel navigant "je confirme que les portables allumés en vol provoquent des grésillements dans les casques des pilotes qui (je le rappelle ) doivent parfaitement bien entendre les ordres de la tour de controle. Et en tant que navigant je trouve dommage de devoir encore faire la guerre aux passagers pour qu'ils éteignent leur téléphone "
A la TV, on a parlé d'une passagère qui avait appelé pendant le décollage pour dire que l'avion faisait un 2d essai.**
Vous imaginez : Madrid, mercredi, 15h40, un moteur qui perd de la puissance, une commande qui ne répond pas, l'instant V1 bientôt dépassé et, brusquement, un grésillement dans le casque du commandant, qui a une fraction de seconde pour décider...
** et pour ceux qui connaissent bien l'anglais, de quoi se donner froid dans le dos et se disputer avec son voisin de siège
http://www.airliners.net/aviation-forums/general_aviation/read.main/3194913/
15:55 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.08.2008
Un kot qui fait des miracles ?
Depuis que j'ai aménagé un kot, 7 étudiants s'y sont succédé. 6 ont obtenu leur diplôme sans jamais redoubler. 5 ont réussi chaque fois en 1ère session. Un seul sur les 7 a échoué; en fait, il a abandonné au milieu de la 1ère année.
Quand on connaît les statistiques, ces chiffres sont totalement hors normes.
D'ordinaire, 35% de réussite en 1ère année, c'est déjà très bien, en 1ère sess, on dépasse rarement les 20% et effectuer tout le parcours sans trébucher, cela ne concerne qu'une très faible proportion des candidats diplômés. Alors 6/7 , ça tient du miracle !
Sans doute, me direz-vous, effectuons-nous un tri sévère parmi nos futurs locataires !
Pas du tout, on accepte le premier qui se présente. Tant leur origine géographique que leur milieu socio-culturel sont très divers. Famille classique, recomposée, parent isolé, indépendants aisés, petits employés, retraités à faibles revenus, tradition universitaire ou premier essai, j'ai connu de tout. Et si l'une fut une tête de classe régulière, d'autres bataillaient durement pour obtenir la moyenne.
Mais alors ?
Alors, c'est le kot !
Installé au 1er étage d'un garage situé dans le fond d'un assez grand jardin de ville, on y jouit d'une parfaite tranquillité, à l'écart des bruits de la rue et des tentations du centre. Il est toutefois à portée de tout, à pieds ou en transports en commun.
Petit, il ne permet pas de s'y installer durablement à deux. Entouré d'arbres de haute taille, il donne une impression d'un environnement un peu sauvage; on y entend les oiseaux picorer dans les gouttières, les branches qui frôlent les ardoises, le vent qui fait grincer les vieux troncs. Bruits anodins mais rarement remarqués en ville.
Quand on revient la nuit tombée, il faut se diriger dans le faisceau de lumière de la lampe à détecteur de mouvement mais, de part et d'autre, l'ombre règne et on peut déranger un chat solitaire planqué à l'abri discret du cyprès.
Ainsi donc, l'étudiant qui choisit ce kot et qui s'y plait - et tous, sauf le fameux 7e, y ont trouvé leur bonheur - possède en fait quelques caractéristiques essentielles pour réussir dans le Supérieur : son premier objectif est d'étudier, pas d'héberger des copains, former un couple ou s'initier à la guindaille. Il gère la solitude sans problème; l'autonomie aussi. D'ailleurs, celle qui est partie après quelques mois, avait le cafard dans ce joli coin trop silencieux et trop isolé pour elle.
Si, en aucune façon je n'exerce de contrôle, le kotteur sait que je suis moi-même dans l'enseignement supérieur et ne craint pas d'être "sous le regard" d'un prof. De fait, mes locataires ont un accès au jardin, s'y installent pour la bloque quand il y a du soleil, font un petit BBQ pour un anniversaire ou un souper spaghetti chaque fois que l'idée leur en vient. S'ils amènent souvent des copains, c'est manifestement pour préparer des travaux, chercher ensemble...
Mais il est vrai qu'ils ne rentreront pas à 3h du matin, en compagnie bruyante et fortement imbibée, comme cela pourrait se faire dans une maison d'étudiants. Non que je my oppose mais ils ne semblent pas souhaiter ce genre d'activités. Du moins durant la semaine. Car ils leur arrivent de me raconter des vendredis soirs assez "mouvementés" quand ils retournent dans leur coin.
Bref, ce sont des jeunes "sérieux". Dit comme cela, ça vous a un air ringard. Peut-être pensez-vous que je vérifie s'ils vont à la messe le dimanche ou si le jeune homme qui reste parfois loger avec la demoiselle est son fiancé officiel.
Vous n'y êtes pas. Ils sortent, vont boire un verre, s'offrent une toile, rentrent parfois tard le soir. Mais ils se lèvent à temps et souvent, alors que je déjeune tranquillement, je les vois se hâter, classeurs sous le bras, lavés de près ; manifestement ils ne viennent pas de tomber du lit.
Mais il est exact que, de mon expérience de prof cette fois, s'ils ne sont "que" des étudiants qui ont décidé de bien faire leur métier d'étudiants, ils représentent une espèce de plus en plus rare. Ils confirment aussi que, dans les facteurs de réussite, la personnalité joue un rôle essentiel, bien supérieur aux options choisies dans le secondaire. Ils savent ce qu'ils veulent et ils ont choisi les moyens adéquats pour y arriver, quitte à renoncer à d'autres plaisirs.
20:25 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.08.2008
J.O.
Je regarde la télé, spécialement la participation féminine: toutes allures, toutes couleurs, toutes origines.
Elles sont là, mes soeurs. Investies, engagées, battantes, mentons relevés, machoires serrées, regards sévères ou rêveurs, elles en veulent: se fixer un but, se battre pour, se prouver à elles-mêmes, à autrui, participer, gagner...
Etre fières d'avoir osé, d'avoir réussi, d'avoir porté haut leurs espoirs, fait fructifier leurs talents, démontré au monde leur valeur.
Est-ce que VRAIMENT Allah interdit à celles qui croient en lui d'être là, seulement pour des questions de costumes ?
Est-ce que VRAIMENT, lorsqu'elles ont pu s'affranchir des traditions et cesser de n'être que des filles, des épouses ou des mères, elles ne peuvent exister que par leur intellect ?
Est-ce que VRAIMENT jamais, elles n'ont le droit de montrer qu'elles sont aussi un corps, élégant, endurant, séduisant, performant ?
Ou alors, tout cela n'est-il qu'une histoire d'hommes, d'êtres humains ou bêtement, de mecs, jaloux, égocentriques, qui ont réussi à leur faire croire, à nous faire croire que là se jouait leur salut ?
15:29 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13.08.2008
Bien raisonné, hélas !
Saint Pierre accueille au paradis 3 vacanciers qui se sont noyés
- Que s'est-il passé, les amis ?
- ben le drapeau rouge était mis, alors normalement on ne pouvait pas aller nager mais c'est justement quand il y a des grosses vagues, que c'est gai. D'ailleurs, on était plusieurs dans l'eau .
- Et puis moi, j'aime pas obéir; quand j'étais petit, je ne voulais jamais laisser papa attacher ma ceinture et lui alors il n'insistait pas et je ne devais pas la mettre.
- et ensuite ?
- une vague nous a emportés où on n'avait plus pied, on a commencé à boire la tasse, on était fatigués et on n'arrivait pas à revenir vers la plage. On a vu l'hélico qui tournait mais je n'ai pas tenu le coup, j'étais épuisé et j'ai coulé.
C'est bon, dit saint Pierre, allez salle n° 3 avec ceux qui ont skié hors piste et ont déclenché une avalanche. Vous aurez un petit tabouret où vous y resterez quelques milliers d'années à contempler, par une petite fenêtre, un coin de paradis; c'est là que se trouvent les sauveteurs d'un hélico qui s'est crashé en frôlant les vagues ...*
Oui, je sais, ça fait très "petite histoire du cours de morale en primaires, il y a 40 ans" mais J'évoquais hier le fait que la vie peut être très méchante lorsqu'elle veut donner une leçon aux désobéissants. Je ne pensais pas que l'actualité me donnerait si rapidement raison. Puisque au JT de France2, la présentatrice a expliqué que, sur plusieurs plages où le drapeau rouge ou orange était mis, des nageurs avaient quand même voulu aller se baigner. 12 personnes ont nécessité la mise en place de secours urgents et importants. 9 ont été sauvées. 3 sont mortes noyées.
Tout simple pourtant : drapeau rouge = danger = interdiction de se baigner.
Ah pourquoi ? Faut obéir ? Et depuis quand ... ?
* Ce texte est aussi une pensée-souvenir pour mon ancienne compagne d'Univ. Monique, qui se noya pendant les vacances il y a une quinzaine d'années en essayant de sauver un imprudent. Gra^ce à elle, il s'en sortit mais elle, mère de famille nombreuse, y laissa la vie.
21:50 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
12.08.2008
Société ENA ? Pas que ça !
La semaine dernière, la Libre attirait notre attention sur diverses mesures ou demandes concernant la cohabitation des générations: l'installation d'une crèche dans un immeuble d'habitation qui provoque une opposition des occupants, les tours operators qui proposent des voyages garantis sans gamins ou encore les architectes qui créent des ensembles résidentiels dans lesquels la tranquillité des seniors impose de règlementer même la visite des petits-enfants.
Il est évident qu'une société d'aujourd'hui*, c'est le rassemblement de gens d'origines, de cultures, d'habitudes, d'âges différents, et que les lois sont là pour que tout se passe sans gros heurts. C'est possible si l'on se met d'accord sur un minimum de règles communes et si chacun fait aussi preuve d'un peu de bonne volonté.
Pourtant, pour avoir vécu plusieurs voyages en avion tenant plus du cauchemar que du dépaysement, je comprends qu'il existe des vols "sans enfants". Le microcosme que constitue une carlingue force, en effet, à une promiscuité totale dans un espace réduit. Par ailleurs, pour que la sécurité soit assurée, des obligations nous sont imposées auxquelles il n'est, normalement, pas possible d'échapper. Or nous avons affaire à l'arrivée de générations peu habituées aux frustrations et "aux obligations auxquelles il n'est pas possible d'échapper", ce qui peut donner lieu à de véritables collisions frontales.
Ainsi attacher sa ceinture est un geste machinal avant le décollage; encore plus si vous le faites dans votre propre auto, avant de démarrer, après avoir vérifié si les petits sont bien coïncés à l'arrière dans leur siège spécial, dûment harnachés.
Mais pour certains parents, asseoir leurs gamins et les faire tenir tranquilles le temps de leur boucler la ceinture, au moment où cela est demandé et aussi longtemps que l'ordre inverse n'est pas communiqué, est manifestement une première !
J'ai donc eu la chance d'assister à plusieurs reprises à des négociations serrées entre l'hôtesse, papa/maman et une ou un petit tyran qui refusait obstinément de s'asseoir ou de rester attaché. Bonbons, menaces, ton apaisant ou sévère, promesses variées, rien n'y faisait. J'ai parfois vu le coup où on reporterait le décollage.
Heureusement (????), soit on force la main au récalcitrant et l'envol se déroule dans des hurlements dignes d'une descente du Vertigo à Walibi; soit le visage couvert de larmes mais le sourire en coin, il se retrouve doté d'un nouveau jouet ou d'une gâterie inattendue; soit on fait semblant (on l'attache 30 secondes le temps que l'hôtesse s'éloigne et puis on défait discrètement la boucle).
Lors d'un vol vers la Sicile l'an dernier, j'ai ainsi contemplé le visage d'une épouvantable gamine de 3 ans environ, debout sur le siège devant moi pendant toute la manoeuvre. L'hôtesse, résignée après 10 minutes de tractations, est restée sagement attachée au fond de l'avion.
Une amie me racontait qu'elle avait subi tout le voyage les tiraillements d'un enfant debout sur les genoux de sa mère et qui avait décidé de jouer avec les longs cheveux qu'il apercevait devant lui. Des regards compréhensifs puis excédés, une demande explicite n'ont eu aucun résultat, à part un petit air un peu gêné, accompagné d'un "que voulez-vous, il n'obéit pas " !**
Les expériences de ce genre, hélas, se multiplient. Il reste en effet peu d'occasions dans la vie d'un enfant où une réelle contrainte s'exerce sur lui et ces moments deviennent de véritables martyrs, tant pour le petit qui se découvre brutalement "coïncé", que pour l'adulte obligé d'user de stratégies longues et parfois douloureuses pour arriver à ses fins.
On sait pourtant que la vie peut très méchamment apprendre à un jeune ce que ses parents n'ont pas pu ou voulu lui inculquer: on ne fait pas toujours ce qu'on veut et le croire peut coûter très cher. Cimetières, hôpitaux, centres de rééducation ou tout simplement échecs à répétition sont là pour nous le rappeler.
* "d'aujourd'hui", car pendant longtemps, les riches n'ont pas cotoyé les pauvres, les cathos ne frayaient pas avec les sans-dieu et les artistes ne fréquentaient pas les mêmes endroits que les bourgeois coïncés. Mais ceci mériterait un autre développement.
** j'ai habité à l'étranger quand mes enfants étaient petits; ils ont eu leur baptême de l'air avant leur premier anniversaire. Je connais donc les problèmes de mal aux oreilles, faim, soif, énervement, chaleur, fatigue, décalage horaire etc... Ce ne fut pas toujours facile ni toujours réussi, mais on y a cherché des solutions avec autant de sérieux que pour remplir les valises ou rapporter des cadeaux.
11:52 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.08.2008
Ca veut dire quoi ?
Je fréquente assez souvent les Forums, de la Libre et d'autres journaux en ligne, mais je n'écris que sur ceux de la Libre dont la qualité me semble nettement supérieure à d'autres. Toutefois, comme tant d'autres j'imagine, je m'interroge sur la manière dont fonctionne le tri des messages reçus.
Prenons un exemple, comme dirait Juan.
Un forum est actuellement ouvert sur les pratiques religieuses; plus de 1000 posts y ont été publiés, qu'assez rapidement on a pu classer en quelques catégories, allant du croyant convaincu à l'athée farouche, en passant par les agnostiques et les croyants en rupture d'Institution.
Peu à peu s'est dégagé un front sur lequel s'affrontaient un croyant assez tranché, voire agressif, Job et, en face de lui, des athées-agnostiques, plus ou moins ouverts ou tolérants. Même s'il y avait des nuances, il était clair que les adversaires de Job étaient non-croyants.
Personnellement, tant le ton de Job que ses arguments me semblaient peu susceptibles d'encourager le dialogue et la recherche commune. J'ai écrit à plusieurs reprises en m'inscrivant en faux contre ces affirmations ou en rejetant son mépris pour tout qui ne pense pas comme lui, tout en soulignant que j'étais, moi , non seulement croyante mais pratiquante. Je trouvais qu'il désservait plutôt qu'il n'aidait la cause du christianisme.
Jamais mes messages n'ont été publiés, alors que ceux portant sur d'autres aspects l'ont été.
Comme si le schéma du forum devait rester celui-clà: Job un croyant convaincu affrontant les "sans-Dieu" ; d'ailleurs ses messages se délectaient de cette opposition, qui lui permettait de renvoyer aux philosophes sans-Dieu, aux révolutionnaires sans-Dieu, aux gauchistes sans-Dieu, etc.
Je ne peux m'empêcher d'y voir comme une mise en scène de la discussion par les modérateurs, mise en scène dont il faut éliminer ce qui ne rentre pas dans le schéma prévu.
Bizarre, non ?
20:53 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02.08.2008
rôle, place, identité...
Dans la découverte matinale de mon quotidien, la rubrique nécrologique affiche un patronyme qui retient mon attention. J'en ai connu autrefois des Medor*. Cette fois, il s'agit d'un certain Robert, que sa date de naissance situe dans ma génération et dont le port d'attache n'était pas très éloigné du mien.
Voyons voir qui annonce.
En tête, sa veuve.
Peut-être est-ce une de mes camarades de classe, une compagne de camp guide, une voisine d'auditoire à l'Univ, une collègue soprano de la chorale...
Si c'était Arlette qui se maria très vite, divorça rapidement pour reconvoler définitivement. Ou Bernadette qui suivit son amoureux - qu'elle n'eut pas le temps de présenter - en coopération au Guatémala et que je perdis de vue. Ou encore Brigitte, partie faire un stage en Suisse et qui n'est revenue dans la région qu'il y a quelques années mais je ne sais pas au juste où.
Ce serait dommage de ne pas me manifester si c'était elle. Ou elle, Ou elle...
Comment savoir ?
Comment "comment savoir" me direz-vous ! Il suffit de lire l'annonce puisque sa veuve y figure la première.
Et bien oui, c'est sa veuve: "Madame Robert Médor".
Point.
Voici donc une femme qui n'existe pas autrement que comme "Madame Robert Medor", qu'il est dès lors impossible de reconnaître, impossible de resituer avant son mariage ou en dehors. C'est pour moi incompréhensible
Je voudrais croire que oui, elle n'était qu'une jeune fille banale, sans histoire et sans caractère, jusqu'à sa rencontre avec Robert qui fit d'elle une vraie femme, une épouse comblée, une mère entourée. Qu'elle s'épanouit dans la chaleur de son amour, dans la douceur du foyer qu'il lui donna, qu'elle se mit vraiment à exister.
Qu'il est donc tout-à-fait inutile d'évoquer qui elle était avant lui.
Je sens pourtant quelque chose comme de la colère envers ce qui n'est peut-être que le respect d'une tradition, le signe d'une époque où seul le mariage donnait aux femmes statut, nom et existence sociale.
Mais est-ce qu'on doit encore s'y conformer en 2008 ?
Je sens aussi de la curiosité: n'était-elle vraiment que cela ? Et surtout, que sera t-elle dorénavant ?
Est-ce que "veuve de Robert Medor" sera suffisant pour donner sens à sa vie future ?
Ou deviendra t-elle enfin Arlette, Brigitte ou Bernadette, qui pouffait de rire pendant les cours de latin, avait renversé les patates dans le feu de bois et démarré trop tôt dans la fugue de Bach .
* prénom et nom ont été changés.
19:04 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



