04.08.2008
qui est le gagnant ?
Samedi soir, une séquence - sur Arte je crois - montre la vie des jeunes Chinois dans les grandes villes : beaux, friqués, branchés, ils profitent à fond des opportunités du développement accéléré de leur pays. Une jolie fille explique que l'apparence, c'est tout. Qu'on est jugé sur son aspect et qu'il convient donc d'y mettre tous ses efforts. Une autre distingue d'abord communisme et économie de consommation, disant que cela n'a rien à voir puis rectifie qu'au contraire, consommer soutient le communisme chinois.
Cet extrait me rappelle une autre émission où des jeunes Pékinois, interrogés à propos des J.O., montraient massivement leur indifférence à l'égard de ce que nous appelons droits de l'Homme ou combat pour la liberté. Ils avaient accès à Internet pour chatter entre eux, sortaient dans les boites à la mode, avaient des fringues comme en Occident, jouaient avec leurs I-Pod... La belle vie, quoi ! Mais ii y a autre chose, insistait le journaliste. Ah bon ? Nous, ça suffit pleinement à notre bonheur !
Je réfléchis et je me dis: finalement Communisme, Capitalisme, qui est le gagnant dans l'histoire ? Le Capitalisme qui a envahi l'économie du plus grand pays communiste du 21es, au point que ses idéaux et ses Credo sont devenus ceux de milliards d'être humains supplémentaires ? Ou le Communisme qui, utilisant la corde du Capitalisme pour le pendre, a, en fait, bien repéré ce qui faisait le "bonheur libéral" d'aujourd'hui, et lâché juste ce qu'il fallait de lest pour mieux serrer ce qu'il considérait comme essentiel, c'est-à-dire son pouvoir ?
Depuis le 18es, le progrès matériel basé sur le laisser faire, laisser passer a toujours eu comme conséquences une extension des libertés individuelles et une explosion des cadres politiques contraignants. Certes tout le monde n'en a pas immédiatement profité; certes les bénéfices de cette croissance ont souvent fait l'objet de convoitises et de rétention; certes le partage des nouvelles richesses ne fut, partiellement, obtenu que par des combats sociaux, douloureux et difficiles. Mais il semblait que libéralisme et démocratie étaient liés, pour le meilleur et le pire.
Va t-on assister à la naissance d'une forme particulière de régime où le pain et les jeux de la consommation commerciale autocensureront les voix libertaires ?
Je trouve que cette situation nous interpelle aussi, nous Belges, qui vivons sans Politique depuis plus d'un an.
Comment démontrer aux Chinois que voter pour des partis d'opinions différentes, c'est essentiel, que la démocratie est indispensable à l'être humain, que la participation active du citoyen dans les grands choix de son avenir vaut de se battre pour elle... quand on constate que, pour beaucoup d'entre nous, la condition économique se dégrade dans notre pays de libertés.
Et si on faisait un sondage, ne serions-nous pas nombreux à préférer l'élargissement de notre portefeuille sur notre droit à la parole?
A garder en tête, chaque fois qu'on se lancera dans de grands discours sur l'insupportable piétinement des droits de l'Homme en Chine...
11:02 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



