Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

13.02.2009

Participons !

Dimanche prochain, le 22 février, se déroulera un nouvel épisode de la saga "Liège 2015".
Peut-être le dernier d'ailleurs, car si le chiffre fatidique de 19.081 votants n'est pas atteint, l'aventure s'arrête.
Le script du feuilleton dépend donc de la décision individuelle de chaque Liégeois de sortir de son lit, de négliger son apéro, de retarder son départ en congé ou de faire plaisir à un copain qui l'aura convaincu.

Mais saisirons-nous cette occasion de participer concrètement à l'avenir de notre ville ?
Ce billet n'est pas un plaidoyer pour que notre candidature soit massivement réclamée mais pour que, massivement, les habitants de la Cité Ardente se sentent concernés et aillent s'exprimer.

En effet, on parle beaucoup de la faillite de la démocratie représentative, de la confiscation du pouvoir par les partis, de l'abîme qui s'est creusé entre les élus et les électeurs, de la complexification des enjeux politiques et donc d'un désintérêt croissant et justifié du citoyen lambda envers ceux qui les gouvernent.

Pourtant, un peu partout - et Liège est loin d'être la seule à s'y lancer - des individus se rassemblent autour d'envies, de révoltes, de rêves ou d'oppositions, pour construire un projet ou défendre leur opinion dans l'espace public.
C'est bien souvent le premier pas dans le champ du Politique, par un sujet qui nous touche de près, qui menace notre environnement ou pourrait améliorer notre quotidien.
Porter un dossier, même léger, même basé sur un objet restreint, oblige à comprendre les règles du jeu, à peser les enjeux, à distinguer l'arbitre de ceux qui évoluent sur le terrain, à situer les équipes et les supporters, les commentateurs aussi. Et enfin, ceux qui n'en ont rien à cirer, mais qui, parce qu'ils ont envie de tout autre chose, pourraient bien s'opposer à la tenue (ou à la retransmission) du match.
Un exemple tragique est celui des parents de Julie et Mélissa: n'ayant au départ aucune formation juridique, ignorant tout du fonctionnement interne de la police et de la gendarmerie, par amour de leurs enfants, ils y ont acquis une expertise exceptionnelle. Cet investissement personnel a débouché sur la politique puisque leur démarche a créé une commission parlementaire et engendré une réforme de la Justice et de la Police.

Si on revient à la candidature de Liège comme capitale européenne de la Culture, on comprend qu'avant la mobilisation, il y avait une sorte de routine politicienne qui négligeait les règles officielles de l'U.E. (il y a normalement concurrence entre plusieurs villes du même pays, comme cela vient de se passer en France entre Bordeaux, Lyon, Toulouse et Marseille pour 2013) et effaçait de l'horizon les citoyens, alors qu'ils sont l'un des arguments majeurs pour le choix définitif.
La plupart des Liégeois n'avaient jamais entendu parler de l'enjeu 2015, encore moins du fait qu'ils pouvaient y jouer un rôle.
Ce vendredi 13 - croisons les doigts ;-)), on ignore le sort de la consultation populaire: elle n'est pas obligatoire, ni pour le votant, ni pour les décisions politiques. Il faut donc y croire.
N'empêche qu'un petit groupe d'acharnés a réussi à s'élargir pour convaincre plusieurs milliers de signataires et que cette chaine de conviction nous vaut, pour la 1ère fois, l'application d'une nouvelle directive de notre appareil législatif, une possibilité réelle et directe de nous manifester.
Cela doit en encourager d'autres, comme chacun de vous, dans d'autres villes, d'autres villages, à propos d'autres thèmes. cela devrait aussi vous permettre à l'examen de démontrer, par l'exemple, la pertinence de Senèque : Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas les faire mais parce que nous n’osons pas les faire qu’elles sont difficiles.

(texte publié également pour les étudiants sur le site de mes cours)

Commentaires

J'ai deux espoirs pour le vote du 22 : les très jeunes et les très vieux. Les premiers, de moins de 18 ans, auront pour la première fois l'occasion d'exprimer leur avis. Si les écoles ont correctement joué leur rôle, les cours d'éducations citoyenne (en morale ou en religion, ça n'a pas beaucoup d'importance) ont dû en profiter pour expliquer le rôle d'une consultation populaire. Les seconds ne savent sans doute pas que ce vote, pour la première fois de leur existence, n'est pas obligatoire. Ils iront donc voter par devoir. En ajoutant les quelques milliers d'enthousiastes et des convaincus, j'espère qu'on atteindra les 20000 votes. S'il n'y sont pas, c'est que le conseil communal est vraiment non représentatif de la population, puisqu'il a voté, dans l'unanimité et la fièvre, le souhait d"organiser cette consultation...

Écrit par : Nicolas Ancion | 14.02.2009

Merci de l'intérêt cher Monsieur Ancion ;-)
Je ne pense pas que l'action du CC soit à vraiment prendre en compte comme indicateur. Il y a eu, dans un certain milieu, une sorte d'offensive/contre-offensive, de camps "modernes/anciens" à la Hernani, qui expliquent la fièvre, + l'épisode "scission des pères fondateurs- désistement-remobilisation" qui relança le feuilleton.
Mais je crains que la vraie discussion se soit quand même plutôt cantonnée parmi les "500" liégeois qu'on voit partout .
Les milliers de signatures sont plus le reflet de l'investissement du groupe-porteur que de la conviction fermement ancrée dorénavant dans une large population. Signer permettait, un peu comme pour une pétition sur Internet, d'exprimer en un clin d'oeil un ras-le-bol ou une une envie.
Aller voter, c'est autre chose, un pas réel de mobilisation citoyenne.
Je veux y croire et convaincre les hésitants pour les raisons que j'ai évoquées - inutile de rouspéter si on ne saisit pas l'occasion qu'on nous donne - mais je serais bien incapable de faire un pronostic.

Écrit par : tootie | 14.02.2009

Écrire un commentaire