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28.01.2009

" Quand on veut, on peut "

Voilà le type de phrases qui me faisait grincer des dents quand, ado, je me débattais dans l'enfer des intégrales et autres CQFD, auxquels je ne parvenais jamais... Pas faute d'essayer, pourtant ... Quoique ... à force d'être toujours à côté de la plaque, de ne jamais voir, "alors que ça saute aux yeux", que AB et CD sont évidemment parallèles et que, dans un trapèze dont les côtés .... la somme des .... je n'essayais plus vraiment. Je n'écoutais plus vraiment non plus.
Devenue une grande personne, pas loin de clôturer toute une vie de "prof", je me dis que, peut-être, cet effondrement mathématique (et scientifique d'ailleurs) relevait probablement d'un manque de confiance en mes capacités, de l'écho résigné éveillé en moi par une prof. justement, qui lorsque j'avais 11 ans, m'avait
lancé: " vous, vous ne serez jamais bonne en mathématiques". Prédiction réalisée, forcément.
Cette phrase donc, je l'ai réentendue, traduite de l'anglais, au JT de lundi dernier.
Celui qui la prononçait en V.O. était un vieillard rabougri, à la peau sombre et ridée, à la bouche dégarnie, coiffé d'un bonnet de laine "Obama". En le regardant, on se disait qu'il ne devait pas avoir voulu grand chose pour sembler si misérable à son âge.
En fait, c'était un ancien champion de boxe, qui avait décidé de consacrer toute sa pension à accueillir et entraîner des gamins du quartier, pour les écouter, les occuper, canaliser leur énergie et leur agressivité, leur donner un but. Croire en eux, d'abord et surtout.
Wouahh ! Ca, c'est du social ! Aux antipodes de ce que l'on imagine les USA, l'individualisme libéral, les traders, la loi de la jungle du Marché.
A ses côtés, un autre noir, un grand jeune gaillard, expliquait qu'il était un ancien de la salle de sport. Soutenu par son coach - moral et physique -, il était sorti de la rue, avait réussi son Droit et devenu avocat, rendait ce qu'il avait reçu en défendant les intérêts du vieux boxeur et de ses protégés
Quelle formidable réussite, parti de rien et arrivé quelque part, un vrai rêve américain !
Qu'on réalise comment ? Et bien justement, affirmait le tout chenu prof. en vie et en sport, "quand on veut, on peut".
C'était là le credo qu'il inculquait à ses gamins. La volonté triomphe de tous les obstacles, car si on y croit, si on mord sur sa chique, si on se cramponne à l'objectif comme le roquet sur le mollet du facteur, on ne pourra vous envoyer paître.
L'effort, le courage, le mérite, s'appuyer sur ses propres forces, savoir se débrouiller dans la vie, ne pas compter sur le système ou la société, seulement sur des soutiens bienveillants, et encore,
si on ne les déçoit pas, voilà des vertus libérales, bien loin de l'Etat-Providence social.
C'est cela le visage réel du Parti Démocrate qu'on voudrait rapprocher de nos socialistes, la morale de l'Amérique victorieuse qui acclame son nouveau président parce qu'il incarne justement ce "on veut, on peut". C'est l'ambiguité de cette position qui explique que, chez nous, le candida Obama aurait eu le vote unanime de nos politiques, de la gauche à la droite.

Barak O se préoccupera certes des démunis, mais il mise surtout, si on en croit son discours inaugural, sur la confiance que chacun doit avoir dans ses capacités, sur l'ambition des objectifs à se fixer et sur la fierté d'y parvenir, comme les grands anciens y sont arrivés.
N'est-ce pas aussi ce que les A.S. devront, notamment, développer chez ceux qu'ils accompagneront: une image de soi positive, celle qu'une autre prof. a finalement réussi à me donner, il y a plus de 40 ans .

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