29.10.2008
c'est en étant chiche ...
Au hasard d'une promenade dans un fort agréable quartier de ma ville, je croise une amie "ah ! Comment vas-tu ? Pas le temps de venir boire un café chez moi ? - Euh.. je suis un peu pressée mais .. - Allez, viens, j'habite ici, on a déménagé l'an dernier", dit-elle en me montrant un beau building, à quelques pas de là.
Nous montons donc jusqu'à son appartement: 480m2, vue imprenable sur une collégiale gothique et un boulevard arboré. Elle me fait faire le tour du propriétaire. Le 1er habitant, qui avait vendu sa maison de maître au promoteur, m'explique t-elle, avait bénéficié d'un ensemble englobant tout le plateau au lieu des deux appartements prévus aux autres étages. D'où la multitude de pièces de belles dimensions et les possibilités d'aménagements variés, très généralement inconnus dans les immeubles plus modernes.
Me commentant un pêle-mêle familial, elle m'annonce dans la foulée que, depuis quelques années, ils ont acheté un mas en Provence qui leur permet d'accueillir leurs nombreux enfants et la troupe des petits-enfants. Ce qui, ajoute t-elle, complète bien la vieille ferme ardennaise rénovée il y a une trentaine d'années et qui reste privilégiée pour les WE.
L'eau frémit dans la bouilloire et nous nous installons sur les tabourets-bar de la cuisine. "Veux-tu un bout de chocolat" propose t-elle en déposant devant moi ... Marcolini ? Galler ? Vous n'y êtes pas ! Une grosse plaquette de lait/noisettes entières, produit 365 de Delhaize
Je repense avec émotion à ma chère mère, qui proclamait à tout venant "c'est en étant chiche qu'on devient riche"
Et enchaînant mentalement avec "y a pas de p'tits profits", je dépose dans ma tasse deux comprimés d'aspartame pour que la gorgée de café brûlant fasse délicieusement fondre ma barre lactonoisettée...
14:31 Publié dans faits de société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26.10.2008
Allo ? Allo ? t'en es où ?
Je me rhabille dans les vestiaires de la piscine publique. Le calme règne, j'ai réussi à me faufiler entre les hordes écolières.
Une musique tonitruante explose soudain, qui se prolonge en désagréable rengaine électronique.
J'imagine en riant la ou le propriétaire, tout nu, le maillot mouillé bloqué autour des jambes, se contorsionnant pour atteindre son GSM enfoui, sous le pull et les chaussettes, dans le sac de sport.
"Allo ? c'est toi ? " La voix, féminine et juvénile, m'est mitoyenne, la cabine de gauche sûrement.
La réponse, féminine aussi, arrive de ma droite cette fois et me survole.
" oui, t'en es-où ? - je suis presque prête - moi j'ai fini, je vais t'attendre à l'entrée, bisous - j'arrive, bisous ! "
Formidable le progrès ! Cela me rappelle une expérience palpitante de mon enfance: deux boîtes de conserve, un fil bien tendu entre mon grand frère et moi. Lui dans le bureau de papa, moi dans la salle à manger qui le jouxte: "Oh dis, c'est formidable, ça marche, je t'entends ! - Mais ne crie pas si fort, parle dans la boîte ... "
09:28 Publié dans faits de société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : gsm
14.10.2008
j'ai testé pour vous ... un menu d'avant-guerre
Ce matin et sans l'avoir clairement décidé, je me suis retrouvée en train de cuisiner un repas d'avant Findus et le Fast-food.
Est-ce la fréquentation durant ces 5 derniers jours de petits restos français, où je redécouvrais le "pot au feu froid à la moutarde" ou "la salade de foies de volailles" qui m'a rappelé qu'il existait de goûteuses, saines et peu chères choses ? Peut-être.
En tout cas, sachant que ce matin j'avais le temps de surveiller mes fourneaux, j'ai puisé, dans les comptoirs boucherie de mon Delhaize, deux barquettes de bouilli de boeuf au prix très compétitif de 7,50 euros le kilo. Cuisant doucement dans une canette de bière liégeoise, avec un cube de bouillon, des oignons et, le dernier quart d'heure, des champignons, mes morceaux fondants furent relevés d'une cuillère de moutarde avant d'atterrir sur notre table. Délicieux !
De mon escapade française, j'avais aussi ramené quelques tartines de pain gris, devenu bien dur dans le coffre de la voiture.
Deux petits oeufs, une poignée de raisins secs, 2 pommes, un verre de lait, un peu de sucre de canne, une lichette d'huile et je redécouvrais la bouillie de mon enfance, qui, après 3/4 d'h de four, devenait une délicieuse charlotte ...
Toutes ces recettes de "fin de mois" d'une famille nombreuse, fin de mois qui commençait parfois bien tôt..
Et pourtant des souvenirs d'odeurs bien alléchantes et d'assiettes qui calaient avec efficacité.
Du coup, je me dis que je vais recommencer à utiliser mon pain sec autrement qu'au toaster, par exemple avec des cubes de jambon, de la moutarde et des fines herbes (aussi un peu de fromage ? ). Ou en pains perdus à l'essence de kirsch (ou de vanille)
Du coup, je vais repiocher dans cet extraordinaire livre hérité de ma marraine, daté de 1934, époque bien semblable à aujourd'hui semble t-il, qui devrait considérablement enrichir mes listes de courses. Chaque recette est suivie de nombreux conseils de récupération, réutilisation des restes, détournement inventif d'eau de cuisson, usage inattendu des épluchures de pommes de terre, recyclage d'une poignée de légumes et deux tranches de pain rassi en costaud potage...
Puisque nous sommes en crise, n'est-ce pas l'occasion de retrouver cette époque bénie "d'autrefois", celle dont chacun évoque les images avec nostalgie ? Une bonne manière d'aller vérifier si nous sommes capables de nous passer des tentations d'aujourd'hui !
18:54 Publié dans faits de société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
04.10.2008
Où est parti l'index ?
Ce premier samedi d'octobre, comme chaque année, je m'en vais plonger dans les caisses à oranges de l'église du Séminaire de Liège pour y choisir quelques bouquins à bas prix. Je collectionne en effet les romans historiques en format poche et me régale à l'avance de consommer la pile qui alourdit mon sac recyclable (1)
De temps en temps, je relève la tête et admire l'ensemble XVIIIe, dans lequel ce fouillis de trésors, littéraires et autres, a pris place. Dorures, stucs tarabiscotés, autels divers, chapiteaux corinthiens. magnifiques boiseries, plafonds somptueusement décorés à une hauteur d'avant la crise de l'énergie (ou plutôt d'une époque où on savait ce que signifiait "avoir froid") ...
Si je doutais encore, des caisses d'objets liturgiques, de chromos saint-sulpiciens ou de crucifix empilés, des rangées entières de "spiritualité", "théologie" et autres "initiation au grec/latin/hébreu biblique", me confirmeraient définitivement que nous sommes bien au coeur du catholicisme liégeois, en voisinage direct avec la maison du pasteur du diocèse.
Et pourtant, et pourtant...
Dans ma caisse de Livres de Poche, ne voilà t-il pas que je tombe sur 3 exemplaires de La Religieuse de Diderot.
Ca alors ! Ces récits de douloureuses sexualités nonnesques, sado-maso limite pédophilie, vue l'analyse comparée de la naïve postulante et le pesant charisme de son aînée . Quand je pense que, dans ma jeunesse, Diderot en entier dans le texte m'aurait valu quelques chapelets de pénitence. Le monde a bien changé !
Enfin ! Le Séminaire vend Diderot, La Religieuse. Eh bien n'en faisons pas tout un fromage ! Au contraire, réjouissons-nous ! Les oeillères sont tombées, les esprits se sont ouverts et, de toutes façons, vu l'époque de l'auteur, il y a prescription, même pour la Damnation Eternelle.
Mais là, que vois-je, quelques caisses plus loin ? Desforges Régine, "contes pervers" ! Le seul ouvrage d'un érotisme brûlant écrit par une femme, nous annonce la 4e de couverture. Oh là ! Vaste programme ! Sans doute cela fera t-il le profit d'un futur confesseur, pour lui apprendre les choses de la vie. Passons vite notre chemin.
Caramba ! Cette fois, c'en est trop ! 2 volumes de Xavièra Hollander, la célèbre actrice de films pornos ! Pas besoin de se creuser longtemps la nénette pour imaginer à quoi elle fait allusion avec "la meilleure part de l'homme", dont elle a certainement eu ... plus que sa part.
Vertueusement, je me refuse à vérifier si la sulfureuse réputation de la dame pleine de charmes est méritée et je me précipite vers des aventures plus conformes à ma vocation pédagogique.
N'empêche que !
Sans évidemment souhaiter d'aucune façon le retour à une censure officielle ni même à un tri officieux (au nom de quoi d'ailleurs ? ) des responsables de la vente, on peut sourire à l'idée que celui qui avait acheté les oeuvres XXL de Xavièra Hollander ou les plutôt vicieux récits de Madame Desforges ait pensé à les offrir au Séminaire, lorsqu'il n'en eut plus l'usage ;-))
(1) Pour ceux qui seraient intéressés par les résultats de mes lectures, http://www.hemes.be/esas/mapage/document/romanhis.html
15:20 Publié dans faits de société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sexualité, Eglise, livre



